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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 10:01

 

La candidate à l'investiture socialiste veut une réforme de la PAC et la reprise des aides européennes aux Palestiniens.

 
Ségolène Royal l'avait promise et remise. Hier, c'est lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, devant une centaine de journalistes français et européens, qu'elle a exposé ses idées sur l'Europe. Un passage obligé dans cette campagne interne au Parti socialiste, si elle veut conquérir les voix des tenants du non à la Constitution, alors qu'elle a voté oui. Elle s'est donc prononcée, selon une formule qu'elle adapte à tous les sujets, pour la construction de « l'Europe par la preuve » avant d'en réformer les institutions.
 

Entourée de Jean-Marc Ayraut, Jean-Louis Bianco, Arnaud Montebourg et du député européen Gilles Savary, Royal a donc proclamé que « le traité est caduc », tout en reconnaissant la nécessité d'« une réforme institutionnelle permettant à l'Europe de fonctionner à 27 ». Pas question de « mini-traité », voté par le Parlement, comme l'a proposé Nicolas Sarkozy. Royal souhaiterait « lancer un débat sous la présidence allemande » en cours, débouchant, lors de la prochaine présidence française en juillet 2008, sur la mise en place d'une nouvelle « Convention chargée de rédiger un projet constitutionnel » qui serait soumis au vote dans tous les pays le même jour.

 

«La stabilité des frontières de l'Europe»Royal, en revanche, s'est refusée à dire si elle était pour ou contre l'entrée de la Turquie dans l'UE. « Mon opinion est celle du peuple français », a-t-elle expliqué, se retranchant derrière l'organisation d'un référendum prévue désormais par la Constitution pour toute nouvelle entrée. Et soulignant, toutefois, qu'« un certain nombre de conditions doivent être remplies, par rapport à l'inquiétude des opinions sur la stabilité des frontières de l'Europe ». Avant de concéder, pressée de questions, qu'« évidemment, si la Turquie veut confirmer sa volonté d'entrer dans l'Europe, elle doit reconnaître le génocide arménien ».

 

La candidate à l'investiture socialiste, qui voudrait que l'Europe organise une grande conférence internationale sur le Moyen-Orient, sur le modèle de la conférence de Madrid de 1991, a affirmé qu'il fallait « rétablir immédiatement les aides européennes aux Palestiniens ». « Si la famine s'installe, si le désespoir s'installe, alors la guerre civile s'installe. Compter sur cette perspective de guerre civile pour éliminer le Hamas serait irresponsable », a-t-elle dit. Les gouvernements de l'UE ont décidé à l'unanimité en janvier, après la victoire électorale du Hamas, de suspendre les aides qui transitent par l'Autorité palestinienne tant que le gouvernement n'aura pas reconnu Israël et les accords de paix, tout en renonçant à la violence, mais l'UE continue de verser des aides directes aux populations palestiniennes. A propos de l'Iran, elle a jugé ses « menaces explicites contre Israël et les provocations verbales intolérables », mais, a-t-elle ajouté, « la voie de la diplomatie avec l'Iran repose aussi sur la reconnaissance du rôle de ce pays dans la région ».

 

Royal veut réformer la banque centrale européenne - « il n'est pas sain qu'elle ait pour seul objectif la maîtrise de l'inflation et non la croissance », souhaitant que les dépenses de recherche soient sorties du pacte de stabilité et que ce pacte soit réformé pour y « instaurer un pilotage » politique. Elle a réclamé une réorientation de la PAC en fonction du critère de respect de l'environnement et la régionalisation des aides à l'agriculture. Elle souhaite que les entreprises qui délocalisent remboursent les aides européennes perçues, et se prononce pour l'établissement de « critères de convergence sociale » entre les pays membres.

 

Royal plaide aussi pour une incitation fiscale européenne aux économies d'énergie, pour la création d'un budget propre destiné au développement de transports moins polluants (ferroutage), et pour que l'Europe remplisse les engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre qu'elle a souscrit à Kyoto car, dit-elle « si l'Europe ne tient pas parole, ce n'est même pas la peine de reparler d'un traité européen ».

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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 11:43

 

 

Ségolène Royal avertit ses concurrents qu'elle ne laissera plus rien passer

LE MONDE | 10.10.06 | 15h20  •  Mis à jour le 11.10.06 | 12h41
 
Désormais, Ségolène Royal ne laissera plus passer aucune "attaque" la concernant. C'est ce que la candidate à l'investiture présidentielle du PS, venue "passer un moment agréable" au milieu de ses soutiens parisiens réunis dans un restaurant chinois de Belleville, lundi 9 octobre, a annoncé. "Elle ne laissera plus aucune attaque ou insinuation sans réponse, ou quand elle juge que ses propos sont déformés", rapporte David Assouline, sénateur de Paris et organisateur de la soirée. Mme Royal, qui avait fait le choix jusqu'ici d'ignorer les critiques dont elle est l'objet au sein même du PS - car elles lui avaient plutôt profité -, modifie donc sa stratégie .

 

 
Sur l'économie, Mme Royal est jugée la plus crédible

Selon un sondage BVA, publié mardi 10 octobre par Les Echos, Ségolène Royal domine, sur tous les sujets économiques, ses deux rivaux, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, pourtant anciens ministres de l'économie. 42 % des sympathisants de gauche et de la droite parlementaire lui font davantage confiance pour créer des emplois contre 22 % pour M. Strauss-Kahn et 11 % pour M. Fabius. Ce dernier, qui se présente comme le "candidat du pouvoir d'achat", est également battu sur ce terrain.


Un changement de cap jugé nécessaire alors que la campagne interne s'intensifie et que des débats publics devraient bientôt opposer les candidats. Si elle laisse "en suspens" les arguments employés contre elle, a-t-elle fait valoir, "la droite les utilisera". Au milieu des convives, attablés dans un établissement nommé Le Président, jadis fréquenté par François Mitterrand, parmi lesquels figuraient plusieurs adjoints de Bertrand Delanoë, Christophe Caresche, Christophe Girard, Olga Trostiansky, ou bien encore Lyne Cohen-Solal, Mme Royal a précisé qu'elle réagirait à tout ce qui pouvait être dit sur sa famille, ses enfants, ses frères et soeurs, ou bien sur ses discours sur la carte scolaire et la nation - deux thèmes dans la ligne de mire de ses concurrents, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

Interrogée par Le Monde, Mme Royal confirme sa volonté de s'opposer à "toutes celles et ceux qui falsifient (sa) pensée et rabaissent le débat politique". "Je conçois le débat interne comme devant servir à éclairer les enjeux et pas à démolir par des arguments dévoyés, expose la candidate. Sinon le risque est grand que les Français s'exaspèrent de voir les socialistes se regarder le nombril, et je ne veux pas laisser faire ça. C'est dangereux pour la gauche. Avec Bourdieu, ils font même parler les morts ! Si l'enjeu n'était pas si fort on pourrait en plaisanter." Une vidéo circule sur Internet, qui montre le sociologue dénonçant, avant sa mort, le positionnement "à droite" de Mme Royal...

Lundi soir, le message guerrier s'accompagnait d'une atmopshère guillerette. Les amis parisiens de Mme Royal l'ont accueillie sur l'air de la chanson d'Alain Souchon, Foules sentimentales, en référence aux "foules sentimentales et joyeuses" que la candidate avait saluées lors de sa déclaration de candidature, le 29 septembre, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 11.10.06
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 14:42
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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /2006 11:52

 

« La question de l'immigration ne peut pas être déconnectée de la question du co-développement »

« La question de l'immigration ne peut pas être déconnectée de la question du co-développement. C'est par le droit des familles à vivre dignement dans leur pays d'origine que l'on mettra fin à l'immigration clandestine. Pour cela, il  faut réussir le développement des pays pauvres. »
Forum mondial des droits de l'Homme, Nantes, 10/13 juillet 2006


Renforcer réellement la politique de co-développement, cela signifie agir au niveau européen :

« France, Italie, Espagne : nous sommes tous confrontés à une immigration en provenance d'Afrique et nous devons mettre en place des coopérations, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, et en même temps, penser les problèmes de co-développement avec l'Afrique de façon coordonnée. On ne règlera pas l'émigration de la misère en laissant de côté la question du co-développement. »
17 septembre 2006, Madrid 


« Instaurer un droit moderne à l'aller et au retour »

« Il faut, pour l'immigration de travail, instaurer un droit moderne à l'aller et au retour. Aujourd'hui, beaucoup d'immigrants, qu'ils soient qualifiés, chercheurs, universitaires, cadres ou saisonniers, sont d'autant plus tentés de rester qu'ils craignent de ne pas pouvoir revenir faute d'un visa permanent ou pluriannuel. »
Le Monde, 23 Juin 2006


En réduisant au minimum l’immigration de travail, on incite à l’installation durable et au déracinement. C’est l’hypocrisie de la droite :


« Le bilan de la droite, c'est une baisse de l'immigration de travail, notamment qualifiée, de 88 000 en 2001 à 67 000, et une augmentation de l'immigration à vocation permanente. »
Le Monde, 23 Juin 2006


Le droit à l’aller et au retour pourrait concerner d’autres travailleurs que les saisonniers :

« Des visas aller retour pourraient permettre aux étrangers de venir pour des activités saisonnières ou autres de façon régulière et de pouvoir rentrer en toute sécurité dans leur pays. L’idée ce n’est pas de revenir sur le droit au regroupement familial, C’est une solution gagnant-gagnant. Gagnant pour le travailleur étranger qui n’a pas forcément envie de se déraciner. Et gagnant pour l’économie française. »
LCI, 19 septembre 2006


La question du regroupement familial, droit essentiel qu’il faut défendre, devient ainsi moins sensible : 

« Il n'est pas question d'empêcher le regroupement familial qui est le droit de mener une vie de famille normale là où on est installé. En revanche, beaucoup de travailleurs saisonniers restent en France une fois leur contrat terminé et font venir illégalement leur famille parce qu'ils craignent de ne pouvoir revenir travailler dans notre pays s'ils en partent. Je crois qu'il faut créer un droit moderne à l'aller et au retour, qui permette de venir travailler ici puis de retrouver en toute tranquillité les siens dans son pays en sachant qu'on pourra à nouveau répondre à des offres de travail utiles. C'est une question de respect de la dignité des travailleurs étrangers. »
La Dépêche du Midi, 22  septembre 2006


C’est vers une politique intelligente d’échanges avec les pays d’émigration qu’il faut donc s’orienter, qui réponde aux besoins de nos entreprises dans les secteurs où la main d’œuvre manque, mais refuse de vider les pays pauvres de leurs trop rares compétences :

« Pour les travailleurs qualifiés, la France était dotée de moyens réglementaires assez efficaces, avec une première circulaire de 1998 sur les informaticiens, puis une seconde en 2002 qui prévoyait l'accueil d'étudiants étrangers ayant achevé leur cursus et de salariés dont l'embauche s'inscrivait dans le cadre d'un projet de codéveloppement. La droite a abrogé le premier texte et négligé le second. Aujourd'hui, les entreprises et les laboratoires n'arrivent pas à recruter les salariés formés dont ils ont besoin. »
Le Monde, 23 Juin 2006


« Ce n'est certainement pas par l'immigration choisie, qui va poursuivre une politique néo-coloniale en allant choisir dans les pays d'origine ceux qui nous arrangent, que l'on mettra fin à ce problème. Les puissances coloniales ont suffisamment exploité ces pays ; on ne va pas continuer en prenant leur main d'oeuvre bien formée. »
Forum mondial des droits de l'Homme, Nantes, 10/13 juillet 2006


« Un ordre juste qui allie fermeté, efficacité et humanité »

« Plutôt que de durcir brutalement le droit de vivre en famille (qui concerne 25 000 personnes par an) ou de détruire le dispositif de régularisation au bout de dix ans de séjour en France (3 000 personnes par an), comme le fait la droite, je crois qu'il faut, comme dans d'autres domaines, un ordre juste qui allie fermeté, efficacité et humanité. »
Le Monde, 23 Juin 2006


Les étrangers ont droit au respect :

« Dans le domaine de l’accueil des étrangers, il faut tenir les deux bouts de façon équilibrée, c’est à dire respecter les étrangers qui sont ici en situation régulière, les loger correctement, les respecter dans leur travail, ne pas tenir des propos xénophobes à leur encontre, c’est-à-dire ne pas faire l’amalgame entre tous les étrangers en France. Ensuite c’est fixer des règles claires. »
LCI, 19 septembre 2006


Il faut cesser de modifier en permanence les lois, et améliorer l’organisation et les moyens de l’administration :

« La fébrilité législative de Nicolas Sarkozy est l'aveu d'une faillite. La France n'a pas besoin de loi supplémentaire. Des instructions claires, des services renforcés, des procédures qui fonctionnent vite et bien, cela suffirait. Au Royaume-Uni, l'Etat répond en quinze jours aux dossiers de demandes des entreprises. On pourrait aussi imaginer que les autorisations de travail soient gérées par les préfets de région en concertation avec les régions qui sont responsables du développement économique et en contact avec les entreprises. »
Le Monde, 23 Juin 2006


La loi doit permettre d‘éviter les régularisations massives par à-coups, ce qui n’est plus le cas :

« Nicolas Sarkozy en est sa troisième loi. Il a cassé le seul outil de régularisation en continu, c’est-à-dire la carte de 10 ans qui permettait avant de régulariser tranquillement chaque année 2 000 ou 3 000 étrangers qui participaient à l’économie de notre pays. En cassant cet outil, Sarkozy a créé la situation actuelle. La solution, comme dans tous les pays d’Europe, c’est la régularisation au long cours des étrangers. »
LCI, 19 septembre 2006


Dans tous les cas, l’action de l‘Etat doit rester digne d’un Etat républicain :

« Plutôt que de s'attaquer aux familles et aux enfants - je veux d'ailleurs rendre ici hommage à la mobilisation des parents et des enseignants contre les expulsions d'enfants scolarisés -, il vaudrait mieux être beaucoup plus ferme contre les trafiquants et les employeurs de clandestins. »
Le Monde, 23 Juin 2006


C’est au niveau européen qu’il faut s’attacher à maîtriser les flux migratoires :

« Il faut lier à la fois la réglementation, la fermeté indispensable de cette règlementation pour maîtriser les flux migratoires : qu'elle soit cohérente dans nos pays méditerranéens, et en même temps changer de façon très, très forte les politiques de co-développement. »
Madrid, 17 septembre 2006

 

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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /2006 11:56

 

« Défendre la valeur travail »

« La motivation au travail et l’efficacité économique exigent des salariés bien formés et bien payés, respectés et protégés, assurés de la dignité de leur métier et de la sécurité de leur revenu, et certainement pas l’inverse! C’est cela défendre la valeur travail. (…) Ne nous laissons pas abuser : les Français ne sont pas fâchés avec la valeur du travail mais ils sont profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. Le manque de dialogue et l’impression de ne pas compter pour grand chose tout en devant donner beaucoup ruinent la motivation. La France doit sortir de l’archaïsme de ses relations sociales ! »
Fête de la Rose, Frangy, 20 août 2006


Ce ne sont pas les 35 heures mais la droite qui détruit la valeur travail

« Ceux qui disent que les 35 heures déprécient le travail se trompent de diagnostic. Ce n’est pas un peu de temps libre en plus qui détourne du travail, mais plutôt un malaise au travail qui conduit à s’investir ailleurs. Voyez la démotivation des cadres. Elle est liée à l’instabilité, à la pression. La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre. »
Les Echos, 19 mai 2006


En contrepartie de toute ressource, il doit y avoir un travail ou une formation

« Personne ne doit être payé à rien faire : c’est une façon de rappeler que le travail est le facteur premier d’intégration sociale et qu’en être privé, c’est aussi perdre un sentiment fondamental d’appartenance et, parfois, jusqu’à l’estime de soi. Ceux qui se situent en bas de l’échelle des salaires ont souvent le sentiment qu’il n’est pas juste que d’autres touchent autant avec des revenus d’assistance ; cela nourrit le rejet de l’autre et la hantise du déclassement. Il ne faut pas ignorer cette question par angélisme. Il est exclu de revoir nos solidarités à la baisse ou de se résigner au nombre croissant de travailleurs pauvres, mais il faut dire clairement qu’en contrepartie de toute ressource, il y a un travail ou une formation utile, ce qui est d’ailleurs prévu dans les textes. »
Les Echos, 19 mai 2006


« Il faut payer le travail à son juste prix »

« Il faut payer le travail à son juste prix. Un salarié compétent et motivé, s’il est bien payé, participe à la compétitivité des entreprises. L’économie n’est pas un système de vases communicants où la performance des entreprises reposerait sur la paupérisation des salariés. Le salaire fait partie de la compétitivité : la productivité, la qualité des formations, la motivation des salariés, la fiscalité, les efforts de la collectivité en matière de recherche ou d’infrastructures comptent aussi. Aujourd’hui, l’atonie de la consommation et l’apathie des investissements ont partie liée. (…) Le respect de la valeur travail suppose des conditions de rémunération, donc de vie, qui permettent aux salariés de se loger dignement, de fonder une famille, de faire des projets. La France ne s’en sortira pas en alignant ses salaires sur ceux des pays émergents ! L'Etat doit assumer sa responsabilité régulatrice et redistributrice ».
Challenges, 13 avril 2006


Il faut en même temps empêcher les rémunérations scandaleusement excessives

« Il y a des excès, des dérives. Les Français sont choqués quand ils apprennent le montant des stock-options, des indemnités de départ et des retraites chapeaux de certains dirigeants. Ils découvrent qu’à une certaine altitude, l’échec paye, alors qu’ils peuvent, eux, perdre leur emploi sans avoir commis une faute. »
Les Echos, 19 mai 2006


« La protection n’est pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque »

« Je pars d’un constat : la machine est bloquée. La France est en manque d’oxygène et d’espoir. Il faut redonner aux entreprises exposées l’agilité dont elles ont besoin pour être réactives, et aux salariés les sécurités dont ils ont besoin tout au long de leur parcours professionnel. Pourquoi chaque année 30 % des salariés danois changent-ils de travail sans drame ? Parce qu’ils ont un filet de sécurité solide. La protection n’est pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque. La souplesse et la sécurité doivent aller de pair : c’est un choix de société et d’efficacité. Et celui de la motivation au travail. »
Challenges, 13 avril 2006


Inventons de nouvelles sécurités

« Chaque révolution industrielle a fini, non sans luttes, par déboucher sur sa contrepartie sociale. Celle du charbon et de la machine à vapeur a apporté les premières lois sociales et la reconnaissance des syndicats. Celle de l’électricité et de l’automobile a conduit à un système global de protection sociale et à une amélioration du pouvoir d’achat des salariés. Nous vivons aujourd’hui la troisième, celle des technologies de l’information et de la communication sur fond de mondialisation accélérée : le vieux compromis fordien est mort mais aucun "bon deal", aucune "nouvelle donne", ne l’a encore remplacé. D’où ce déséquilibre ravageur entre le capital et le travail. Tant que nous n’aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux mutations de notre monde, la peur et la méfiance l’emporteront. »
Les Echos, 19 mai 2006


Le CDI ne doit pas être remis en cause

« Le CDI doit rester la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive. Le CDI, c’est le droit - fondamental pour tout être humain - à la sécurité d’un salaire et à la dignité d’un métier. Il doit être la colonne vertébrale, et c’est par le dialogue social qu’il faut définir ce qui doit être assoupli, en tenant compte de manière équilibrée des besoins des entreprises, en particulier de celles qui innovent et prennent des risques, et de la dignité des salariés, qui ne sont pas une variable d’ajustement jetable. »
Les Echos, 19 mai 2006


Les 35 heures : « Il faut faire avec les partenaires sociaux l’inventaire de ce qui doit être amélioré »

« Les trente-cinq heures ont amélioré la qualité de vie de nombreux salariés, la productivité des entreprises et créé des emplois. Elles ont aussi nécessité beaucoup d’efforts de réorganisation de la part des entreprises. Mais pour faire face à des plans de charges imprévues, les entreprises les plus exposées à la concurrence internationale doivent pouvoir bénéficier d’une certaine souplesse. Il faut faire avec les partenaires sociaux l’inventaire de ce qui doit être amélioré, mais il faut cesser de dire que les trente-cinq heures sont responsables de tous les maux. Il vaut mieux des salariés bien formés, bien motivés et bien payés pendant trente-cinq heures que des salariés démotivés. »
Challenges, 13 avril 2006


Sur ce dossier, l’approche rigide et unilatérale est à exclure

(En réponse à la question : « Faut-il assouplir encore les 35 heures pour redonner du pouvoir d'achat ? ») « Des assouplissements ont déjà été apportés. Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire, mais je trouve scandaleux les chantages à l’emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT. Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie. Je ne crois pas aux réponses rigides une fois pour toutes mais aux évolutions négociées ».
Les Echos, 19 mai 2006


« Il faut réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leur responsabilité sociale »

« Il faut réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leur responsabilité sociale (…). Il faut aussi mettre de l'éthique dans les aides publiques. En Poitou-Charentes, nous avons créé un fonds d'aide à l'innovation et fixé des conditions aux aides publiques : les entreprises s'engagent à ne pas licencier ou délocaliser si elles font des profits, et à ne pas porter atteinte à l'environnement. Les chefs d'entreprise l'acceptent, car ils savent ce qu'est un contrat. En contrepartie, nous débloquons très vite les aides. Pour encourager la performance économique, il faut réformer la lourdeur administrative. Il y a trop de bureaucratie. En région, 1 250 entreprises ont été créées en deux ans grâce aux bourses tremplin que nous avons mises en place. »
Challenges, 13 avril 2006


Diviser par deux le chômage d’ici à 2012 est possible

(En réponse à la question : « Comment diviser par deux le chômage d'ici à 2012, comme le promet le PS ? ») « Les pays nordiques y sont parvenus, la France en est capable ! Il faut investir massivement dans l’innovation et la recherche. Répondre aux besoins des secteurs sous tension, ce qui suppose d’y améliorer les conditions de travail et les perspectives de carrière. "Coacher" efficacement les demandeurs d’emploi. Choisir un système gagnant-gagnant, et investir dans le nerf de l’innovation et des activités de demain : l’éducation et la recherche. Plus de sécurité pour plus de confiance, donc plus de croissance et plus d’emplois : c’est cette dynamique vertueuse qu’il faut stimuler. »
Challenges, 13 avril 2006


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