Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 09:49
Xavier Timbeau Economiste à l'OFCE «Le programme de Royal est volontariste»
Par François WENZ-DUMAS
QUOTIDIEN : mardi 13 février 2007
 
 
«Difficile de chiffrer les propositions de Ségolène Royal, comme d'ailleurs celles de Nicolas Sarkozy. Il y a en effet un flou sur la mise en oeuvre, et les curseurs peuvent varier de façon très importante. Si l'on prend la sécurité sociale professionnelle que propose la candidate socialiste, s'il s'agit de garantir 90 % du salaire sans aucun plafond, le coût sera considérable. Alors que si cela reprend l'actuelle assurance chômage, il s'agit du redéploiement d'un prélèvement existant. Son programme, comme celui de Sarkozy, repose sur l'idée que l'on peut générer suffisamment de croissance pour que les ressources budgétaires suivent. On peut penser que c'est irresponsable. Je dirai plutôt que c'est volontariste. Car si l'on part de l'idée que l'on ne peut rien faire tant que l'on n'a pas remis de l'ordre, épongé la dette et réduit les prélèvements, il n'y a pas de projet politique qui tienne. On s'enferme dans le pessimisme et le déclinisme. Mieux vaut se dire que l'on peut changer quelque chose, et que si l'on crée du dynamisme, cela deviendra réalisable. C'est ce qui permet le débat. Les principaux candidats partent du constat que la France est immobile et qu'il faut la remettre en mouvement. La discussion politique peut maintenant porter sur les moyens d'y parvenir. Ségolène Royal privilégie le collectif, face à un Nicolas Sarkozy qui veut favoriser la réussite individuelle. Ils ont un certain nombre de valeurs communes, sur la famille par exemple, ou sur l'éducation, et des visions qui s'opposent sur le travail ou la solidarité.»
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 09:45
Présidentielle Les programmes de royal et sarkozy sont-ils réalistes ?
Henri Sterdyniak Economiste et professeur à Paris-Dauphine «Le programme de l'UMP est extravagant»
Par Nathalie RAULIN
QUOTIDIEN : mardi 13 février 2007
 
 
«Le programme économique de Sarkozy est un fourre-tout extravagant. Il promet et la hausse des dépenses publiques et la baisse des prélèvements obligatoires dans des proportions invraisemblables. Les hausses sont légion, à destination de la recherche et l'enseignement supérieur, des retraités ­ revalorisation des petites pensions ­, des familles ­ instauration d'une allocation au premier enfant ­, ou des chômeurs ­hausse promise des plus basses indemnités. Ces promesses représentent un surcroît de dépenses de l'ordre de 37 milliards d'euros, soit deux points de PIB. Les économies proposées pour y faire face, comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite ou la lutte contre la fraude aux minima sociaux, apparaissent bien faibles, à peine plus de 6 milliards d'euros. Sarkozy s'engage en même temps sur une baisse massive des prélèvements obligatoires : entre la déduction des intérêts pour l'achat d'un logement, l'exonération des heures supplémentaires, la TVA dans la restauration ramenée à 5,5 %, la baisse des droits de succession, etc., les recettes de l'Etat et des organismes sociaux seraient amputées de 24 milliards d'euros ! En fait d'orthodoxie budgétaire, Sarkozy se propose de creuser le déficit public de 55 milliards d'euros, soit 3 % du PIB ! On voit mal la cohérence économique... Ces dépenses seraient financées par le surcroît de croissance que les baisses d'imposition généreraient. Pour cela, la croissance française devrait être de 5,5 % par an pendant cinq ans. Peu probable. Ce programme libéralo-populiste ne tient guère la route.»
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 09:42
Présidentielle, la bataille des chiffres est lancée
Eric Besson, député socialiste, chargé des questions économiques : «Nous sommes prêts à confronter nos chiffres»
 
Eric Besson, député de la Drôme, est secrétaire national du parti socialiste chargé des questions économiques. Il détaille le chiffrage du «Pacte présidentiel» de 100 propositions annoncé par Ségolène Royal. Et réfute toute surenchère illusoire pour en souligner le côté réalisable. Dimanche, dès le début de son intervention, la candidate avait fixé un cap de stabilisation de la dette publique, tout en annonçant une relance de la consommation via l'augmentation du Smic ou des «petites pensions» de 5 % dès le mois de juin. Ségolène Royal a également promis un effort en direction des jeunes, avec la création de 500 000 «emplois tremplin», et davantage de moyens pour l'éducation, notamment à travers la limitation du nombre d'élèves par classe. Et la candidate annonce aussi un «doublement du budget de la justice». Autant de mesures qui supposent des créations de postes de fonctionnaires. Le PS affirme que toutes les futures dépenses ainsi annoncées sont budgétées et strictement encadrées et annonce ne pas craindre le débat frontal sur cette question du financement.
Quelle est la philosophie de la politique de dépense publique défendue par Ségolène Royal ? 
Le pacte présidentiel de Ségolène Royal réconcilie la «gauche moderne» ­ qui mise sur la production de richesse, sur le développement des entreprises et l'innovation pour relancer le pays ­ avec la gauche fidèle à ses valeurs traditionnelles, que sont les revenus du travail, le pouvoir d'achat et l'amélioration de la vie quotidienne des Français. Notre modèle s'inspire des pays scandinaves. Il s'agit aussi de rebâtir un équilibre entre les droits et les devoirs des citoyens. Nous allons créer de nouvelles allocations, comme celle d'autonomie pour les jeunes, mais, en contrepartie, ces jeunes devront s'engager à donner de leur temps puis à s'insérer par le travail.
La candidate a pris un engagement fort en matière de limitation de la dette publique. C'est assez inédit. 
Nous avons travaillé, depuis la présentation du projet socialiste le 1er juillet dernier, dans un cadre financier très contraint. D'une part, nous nous engageons à ne pas augmenter durant le quinquennat le taux des prélèvements obligatoires. D'autre part, nous fondons nos prévisions sur un objectif de croissance de 2,5 % en moyenne sur les cinq ans. Ce qui dégage entre 31 milliards et 35 milliards d'euros net pour financer des dépenses nouvelles.
Ces 35 milliards seront-ils suffisants pour financer les 100 mesures du Pacte présidentiel présenté par Ségolène Royal ? 
Oui, parce qu'un gros effort sera fait en matière de redéploiement de certaines dépenses et d'économies. Ainsi, le droit au premier emploi sera financé en partie par une réaffectation des moyens alloués à l'apprentissage. La question de la sécurité sociale professionnelle, qui devrait permettre à un salarié licencié de toucher 90 % de son salaire pendant sa période de formation devra, par la négociation, mieux utiliser les fonds de la formation professionnelle. La hausse des petites retraites, dès juin 2007, dépendra aussi en partie de la décision des partenaires sociaux. Mais l'Etat peut agir par le biais du minimum vieillesse.
La droite vous accuse de relancer la dépense publique. 
Nous n'avons pas de leçon à recevoir de l'UMP. En cinq ans, la droite a augmenté les prélèvements obligatoires d'un point. La dette s'est alourdie de 300 milliards d'euros, et le déficit du commerce extérieur flirte avec les 30 milliards d'euros. Nous, nous prenons des engagements clairs, notre chiffrage sera actualisé dans les jours à venir. Et nous sommes prêts à confronter nos chiffres à ceux de l'UMP sous le contrôle d'experts indépendants. Nous n'avons pas la légèreté de Nicolas Sarkozy qui abandonne 17 milliards de cotisations sociales d'un coup lundi dernier, annonce vouloir baisser les prélèvements obligatoires de 4 points en cinq ans, pour annoncer finalement que cette baisse se ferait plutôt sur dix ans.
Et si la croissance n'est pas au rendez-vous ? 
Dans ce cas, nous serons conduits à réduire la voilure des dépenses et à concentrer nos efforts sur les dépenses d'avenir. Nous avons une vraie stratégie de croissance par le financement de la recherche, des universités, de la formation, de ce qu'on appelle l'économie de la connaissance. Et cette croissance sera aussi soutenue par notre relance du pouvoir d'achat des plus modestes. C'est une exigence sociale mais aussi un élément important pour relancer la machine économique.
Par désirsd \'avenir enclave des papes - Publié dans : desirsdavenir-enclave
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 10:09
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 09:47
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