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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 16:53

Les quatre ingrédients de ''l'équation Ségolène'', par Jérôme Fourquet

Au dire de certains, l'écho grandissant rencontré par la candidature de ­Ségolène Royal dans le parti et l'électorat socialiste serait une illustration tragique du basculement de notre système politique dans la « démocratie d'opinion ». Le sondage commanderait désormais au parti comme sous d'autres latitudes ce dernier commandait jadis au fusil.

 

En d'autres termes, il suffirait d'avoir de bons sondages pour s'imposer dans une primaire. Est-ce si simple ? Les cas de Jack Lang et de Bernard Kouchner abonnés aux premières places des baromètres font mentir cet adage. Au sortir de l'été 2005, alors que la bataille des primaires commençait, ils bénéficiaient en effet tous deux d'une cote de popularité ­supérieure à celle de Royal, or c'est elle qui allait s'imposer alors qu'ils ne seront finalement même pas candidats.

 

Cette dynamique Royal au­rait-elle été alors plutôt portée par un profond mouvement d'opinion favorable à une candidature féminine ? Dans un son­dage réalisé début 2006, 94 % des Français se disaient favorables au fait qu'une femme soit élue présidente de la République, cette proportion n'étant que de 52 % en 1972 et de... 18 % en 1946. On mesure le chemin parcouru, ce n'est assurément plus aujour­d'hui un obstacle, le pays y est prêt.

 

Du coup, avant de lâcher son désormais fameux « Mais qui donc va garder les enfants ? », en parlant du couple Hollande-Royal, Laurent Fabius aurait dû prendre en compte cette donnée et méditer sur les événements ­politiques suivants. En 1999, lors de la première élection au suffrage universel des militants du président du RPR, parti réputé machiste et godillot, ce fut Michèle Alliot-Marie qui l'emporta face à Jean-Paul Delevoye pourtant soutenu par l'appareil et l'Élysée.

 

Bis repetita, plus récemment, début 2006, Françoise de Panafieu s'est imposée, là aussi, au suffrage universel des militants devant trois hommes dont l'un, Claude Goasguen dirigeait pourtant le groupe UMP au conseil de Paris et avait de nombreux partisans dans la fédération, et dont un autre, Jean Tibéri, s'appuyait notamment sur un arrondissement riche en militants. Mais le fait d'être une femme suffit-il ?

 

Pour tenter de voir plus clair et mieux comprendre les ressorts du phénomène Royal, livrons-nous à une courte rétrospective de l'évolution de sa popularité auprès des sympathisants socialistes. On s'aperçoit tout d'abord qu'elle bénéficiait depuis longtemps d'une bonne image. Et, contrairement à certaines idées reçues, sa première forte hausse de popularité ne coïncide ni avec sa première annonce dans une interview à Paris Match en septembre 2005, ni au mois de décembre dernier où elle eut droit à pas moins de quatre couvertures de magazines, mais à avril 2004, soit juste après sa ­victoire aux régionales dans le fief picto-charentais de Jean-Pierre Raffarin.

 

De cette victoire hautement symbolique procède initialement, selon nous, une part importante de sa légitimité aux yeux des électeurs socialistes. Il s'agit là, selon nous, du premier ingrédient de « l'équation Royal ». En tant que présidente de Région nouvellement élue, la « Zapatera » a pu, plus que ses rivaux, incarner la victoire socialiste de mars 2004, la première depuis la débâcle de 2002 et l'échec de l'opposition de la gauche politique et syndicale au projet de réforme des retraites au premier semestre 2003.

 

Ségolène Royal a ensuite veillé à ne pas abîmer cette belle popularité dans le débat sur le référendum européen. Tenante déclarée du oui, sa courbe a certes fléchi (comme celles des autres leaders du oui) dans l'électorat socialiste au lendemain du 29 mai, mais elle a très rapidement repris le terrain perdu, car moins impliquée que d'autres dans cette campagne. De la même façon, Ségolène Royal s'est faite très discrète lors des ­débats ayant animé le congrès du Mans.

 

Là réside le second ingrédient de « l'équation Royal » : sa volonté de se démarquer et d'entretenir en permanence sa différence avec les « éléphants ». Le fait d'être une femme face à des candidats tous masculins constitue la première et la plus évidente manifestation de cette différence. Mais cette distinction « naturelle » a été savamment entretenue.

 

 

 

Lorsque, par exemple, tous les dirigeants socialistes se pressaient à Jarnac sur la tombe de François Mitterrand, Ségolène Royal partait soutenir Michèle ­Bachelay au Chili. Et alors que tous les ténors se bousculaient pour occuper la tête des cortèges anti-CPE, elle se faisait discrète et n'hésitait pas à faire la morale à de jeunes manifestants. Cette stratégie a également fait apparaître un autre ­clivage : Royal l'incarnation du ­renouveau face à des candidats marqués par des attitudes et des schémas du ­passé.

 

À cette différence de posture correspondent également des différences sur le fond de son discours. Laissant aux hommes la « haute politique », elle a tout d'abord préempté les questions de vie quotidienne en jouant sur son image de femme et de mère de famille et en mettant en avant son expérience de terrain acquise en Poitou-Charentes. Alors que les Français ne croient plus aux grands discours politiques incantatoires et les électeurs de gauche au «grand soir», s'investir sur des dossiers qui permettent d'afficher des réponses et des résultats, ­certes parfois modestes mais ­concrets, s'est révélé payant, comme l'ont montré les sondages.

 

N'intégrant pas cette réaction positive de « la base » au discours de Royal, ses détracteurs et concurrents ont vite fait de pointer la vacuité de son programme et la superficialité de son image (soit le même type de critiques que celles qui furent utilisées, avec les résultats que l'on sait, par les opposants internes à Françoise de ­Panafieu durant la campagne des primaires UMP à Paris...).

 

S'appuyant sur une bonne connaissance de l'état de l'opinion publique, Royal a su, dans un second temps, et d'une manière tout à fait calculée, prendre position sur des sujets qui ont ­défrayé la chronique : encadrement militaire des mineurs délinquants, bilan critique des 35 heures, carte scolaire...

 

Elle a ainsi démontré que son programme possédait un contenu. Elle a obligé les autres candidats à se positionner par rapport à elle et donc donné le « la » lors de cette primaire et, pour finir, ­elle a fait apparaître qu'elle était, elle, en phase avec une large majorité de l'électorat socialiste (60 % d'adhésions favorables à la suppression de la carte scolaire ou à l'encadrement militaire par exemple), contrairement aux ­tenants du dogme. Ceci constitue le troisième ressort de la dynamique Royal : sa capacité à répondre aux aspirations des sympathisants socia­listes, quitte, au besoin, à défendre des positions qui semblent aujour­­d'hui assez éloignées de l'héritage du parti d'Épinay.

 

Elle s'est ainsi imposée dès la fin 2005 comme le principal espoir de la gauche face à Nicolas Sarkozy. C'est là le quatrième et sans doute le plus solide fondement de sa popularité auprès des sympathisants socialistes qui veulent avant tout gagner en 2007 et faire barrage au président de l'UMP.

 

Seront-ils exaucés ? Il est un peu tôt pour le dire et la campagne nous réserve sans doute ­encore bien des surprises. Ségolène sera-t-elle bien leur candi­date ? Les rapports de forces au sein du parti sont certes différents de ceux observés dans l'électorat.

 

Mais les jurisprudences ­Alliot-Marie et Panafieu nous ont montré que, si des écarts étaient possibles pour les candidats non victorieux entre leurs scores obtenus dans les sondages auprès des sympathisants et le vote des militants (Laurent Fabius, fort du ­soutien de son courant, fera un meilleur résultat que ce que les sondages mesurent aujourd'hui), la candidate placée en tête par les sympathisants dans les enquêtes l'avait également été lors du vote des seuls adhérents, et ce dans des proportions assez proches

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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 10:09

 

Elysée 2007

Les socialistes ont gentiment débattu

 

e premier débat télévisé mardi soir entre les trois présidentiables socialistes a laissé entrevoir, à travers des échanges courtois, leurs divergences sur les 35 heures et l'augmentation du Smic. Pendant plus de deux heures, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ont livré leurs recettes économiques et sociales personnelles tout en prenant soin de s'abriter derrière le projet adopté par leur parti pour 2007.

Humble Ségolène
Face aux deux anciens ministres de l'Economie, Ségolène Royal, qui avait exprimé des réserves sur ces débats internes, a fait valoir dès les premières minutes qu'elle n'aurait pas "réponse à tout" dans ce vrai-faux débat à l'américaine (chaque intervenant s'est exprimé face à la caméra, les échanges directs étaient proscrits). Une humilité affichée tout au long de cette confrontation inédite par la favorite des sondages, qui a expliqué d'un ton posé comment elle entendait construire "avec les Français" un "ordre économique, social et environnemental juste" et affiché son objectif que "l'économie ne soit pas au service de l'économie, mais de l'humain et du bien-être". "Etre socialiste, c'est répondre [aux] frustrations et [au] mal-vivre plutôt que réciter des formules pour faire croire que tout ce qu'on a fait était parfait. Aucune action politique n'est parfaite", a martelé Ségolène Royal, veste rose pâle et robe courte. Carte des "territoires compétitifs" à l'appui, la présidente de Poitou-Charentes a souvent proposé de transposer des solutions régionales à l'échelon national, notamment la suppression de toute subvention publique aux entreprises qui délocalisent.

Les 35 heures selon Royal
Interrogée à de nombreuses reprises sur les 35 heures, Ségolène Royal a pris son temps pour répondre alors que ses deux rivaux se sont prononcés clairement pour leur généralisation, ce que stipule le projet du PS. Elle nié vouloir remettre en cause "les fondements" des 35 heures, mises en place par le gouvernement Jospin, mais a affirmé qu'à ses yeux, "la noblesse de la politique c'est de faire du pilotage lorsqu'on applique un certain nombre de grandes réformes". A Laurent Fabius, qui ne veut "pas laisser dire que les 35 heures ont été un échec", l'élue poitevine a répliqué que la réduction du temps de travail devait aboutir "à un progrès social, pas à une régression". Pour Ségolène Royal - analyse des politiques passées ou profession de foi pour l'avenir? - les socialistes ne doivent pas "fermer les yeux sur la réalité de la vie quotidienne d'un certain nombre de Français qui entendent un discours politique mais qui vivent le contraire".

Accrochages entre Fabius et Strauss-Kahn
Le débat sérieux, parfois technique, parfois professoral, n'a pas été dénué d'humour. "J'ai toujours dit que j'étais contre les déficits", s'est amusé Dominique Strauss-Kahn, à qui on signalait un retard en sa faveur dans son temps de parole. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn se sont opposés à de nombreuses reprises, sans jamais se regarder ni s'adresser la parole comme le voulait le cahier des charges extrêmement strict négocié entre équipes de présidentiables. Partisan d'une ligne "authentiquement de gauche", Laurent Fabius a estimé que le PS ne lutterait pas contre "l'hypercapitalisme financier" ou les délocalisations "en modifiant un peu le taux de ceci ou de cela". Si les socialistes le laissent croire, "on se trompe, et c'est pire, on trompe", a-t-il insisté. S'il est élu président, il augmentera le Smic de 100 euros dès l'arrivée de la gauche au pouvoir alors que le projet du PS évoque une augmentation du salaire minimum à 1500 euros bruts avant la fin de la prochaine législature contre 1254 actuellement.

Dominique Strauss-Kahn, qui veut allier "négociation et vérité", les deux piliers d'une "social-démocratie moderne", a exprimé sur ce sujet un "point de désaccord" avec Laurent Fabius. "Le problème est beaucoup plus vaste, c'est le problème de l'ensemble des revenus et pas simplement celui des smicards", a-t-il expliqué.

Rendez-vous le 24
Les trois "compétiteurs" doivent se retrouver dès jeudi à Clermont-Ferrand pour leur premier débat face aux militants socialistes. Caméras et enregistreurs seront alors bannis de la salle tout comme à Paris et Toulouse, qui accueilleront les deux autres meetings "in vivo". Le prochain débat télévisé, mardi 24 octobre, sera consacré aux questions de société avant les questions européennes et internationales le 9 novembre.

Les militants socialistes doivent élire leur candidat à la présidentielle le 16 novembre. Un deuxième tour de scrutin est possible le 23 novembre.

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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 11:02

 

Les réactions

Voici les réactions, mercredi 18 octobre, après le premier débat télévisé entre Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, et Ségolène Royal, candidats à l'investiture socialiste.

A gauche

Jean-Christophe Cambadélis, député PS, partisan de Dominique Strauss-Kahn : Les trois compétiteurs ont été "capables de montrer leurs différences sans se disputer". Les différences entre les trois sont "très claires". "Ségolène Royal a régionalisé la présidentielle : 'A partir de mon expérience dans ma région, je vais vous dire ce que sera la France de demain'. Dominique Strauss-Kahn, avec son pacte de l'Eysée, a présidentialisé la présidentielle, au sens américain du terme", en proposant "une évolution institutionnelle". Quant à Laurent Fabius, "il a gauchi la présidentielle et a développé des thèmes chers aux années 70".
(Déclaration, RMC Info, mercredi 18 octobre)
Bruno Le Roux, secrétaire national du PS chargé des élections : "La grande leçon de ce débat, c'est que sur le terrain où on cherchait à la mettre en difficulté, l'économie et le social, la candidate qui apparaît pour beaucoup comme la seule à être capable de battre la droite et de battre Nicolas Sarkozy s'est confortée". "c'est une bonne nouvelle pour tous les socialistes". Le PS va "certainement essayer de tirer les enseignements du premier débat, c'est-à-dire faire en sorte qu'il puisse y avoir une plus grande interactivité entre les candidats et entre les journalistes" lors des prochaines rencontres. L'objectif du PS est "de rendre ces débats passionnants".
(Déclaration, Europe 1, mercredi 18 octobre)

François Rebsamen, numéro 2 du PS : Ségolène Royal s'est montrée "plus cohérente, plus réaliste, plus novatrice" que ses deux compétiteurs. Toutefois, "le premier vainqueur" de ce débat est le Parti socialiste, et "le deuxième vainqueur, le projet socialiste". Ségolène Royal a montré qu'"elle n'avait rien à apprendre" en matière économique.
François Rebsamen a expliqué qu'en exprimant ses réserves, Ségolène Royal ne parlait pas des débats télévisés mais "des débats dans des salles de militants surchauffés, non maîtrisés". "Il ne faut pas éreinter celui ou celle qui sortira vainqueur de cette compétition", a-t-il justifié.
En revanche, selon le numéro 2 du PS, Ségolène Royal "ne craint pas les débats télévisés".
(RFI)

Jean Glavany, proche de Lionel Jospin : Le premier débat télévisé entre les trois présidentiables ne m'ont "pas beaucoup aidé" à arrêter mon choix, mai je suis "plutôt fier de son parti". "Chacun était dans son rôle : Laurent Fabius engagé, Dominique Strauss-Kahn pédagogique, Ségolène Royal plus en séduction". Je "ne sais pas pour qui je vais voter". "Je suis un militant indécis, observateur". Pour autant, "ce débat ne m'aide pas beaucoup", il n'y a que "des nuances" entre les trois. "Ils sont tous socialistes, ont théoriquement tous le même programme", mais ils incarnent "des comportements, des pratiques et des histoires politiques différents." (RTL, mercredi 18 octobre)

Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG) : Que ce soit Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou Ségolène Royal, "ce n'est pas tout à fait le même projet politique". Les militants du PRG me "semblent plus près de Ségolène Royal" que des deux autres. "Peut-être que la meilleure solution est d'attendre qu'on ait désigné le candidat socialiste pour ensuite ouvrir les discussions, y compris avec ledit candidat". Christiane Taubira était "candidate à la candidature" pour représenter le PRG en 2007. (France 2, mercredi 18 octobre)

Laurent Fabius, candidat à l'investiture socialiste : - Ségolène Royal s'est exprimée "sur la base de son expérience locale" et Dominique Strauss-Kahn comme "ministre de l'Economie". "Chacun a développé ses arguments" à sa manière. "Ségolène Royal plutôt sur la base de son expérience locale en Poitou-Charentes, qui revient sans cesse, Dominique Strauss-Kahn parlait comme ministre de l'Economie qu'il a été. Moi-même, j'ai essayé de montrer les engagements de la gauche, d'être précis". Mes compétiteurs sont restés "assez flous sur trois ou quatre points", dont le Smic, l'énergie, le logement.
Le débat aurait été "peut-être plus intéressant si on avait pu dialoguer directement et revenir sur des points précis". "Pour sortir des difficultés du pays et de l'Europe il faut avoir des options réellement de gauche". (RMC Info, mercredi 18 octobre)
- "C'était un débat utile, de bonne qualité. J'en suis satisfait. J'ai voulu montrer que le projet économique devait être subordonné à un projet politique, de rassemblement à gauche, en articulant ça sur des propositions concrètes... Ce mélange à la fois d'ambition politique d'ensemble et de précision dans le projet c'est la clé pour rassembler et gagner.
Le débat était un petit peu long, un petit peu trop formel, ce ne serait pas plus mal d'avoir plus de souplesse, mais je me suis senti à l'aise".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste: "c'est une bonne illustration de la démocratie participative. Pour que les Français aient leur mot à dire, sur les sujets qui les concernent, il faut prendre le temps de leur expliquer. C'est ce que j'ai cherché à faire ce soir. Je me suis adressée aux Français, bien sûr aux militants socialistes, mais à bien d'autres citoyens".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste : "J'ai trouvé ça très agréable. On a avancé sur un certain nombre de sujets, c'était très bien. J'espère qu'il y aura beaucoup de débats, (même si) c'était un peu lisse, un peu doux".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste : "Le projet socialiste a été le grand vainqueur du débat, tout le monde y a fait abondamment référence". "Le débat a été à l'honneur du parti socialiste, parce qu'il a été respectueux, qu'il a été clair sur les orientations et les conceptions de chacun et chacune, et qu'il a été de qualité, pour les trois protagonistes". "Pour le PS, être capable de montrer qu'il a cette capacité, cette diversité et ces talents, c'est plutôt une chance". "Pour celle et ceux qui s'inquiétaient, et il y avait parfois des raisons, d'une dérive du débat", son déroulement a "retourné (les choses) en faveur de l'idée même de cette initiative".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Claude Bartolone, fabiusien : "je pense que c'est vraiment un beau cadeau qui a été fait aux militants socialistes, en montrant que ce débat pouvait être organisé et qu'il pouvait être utile. On voyait bien qu'il y en avait un qui était vraiment candidat à l'élection présidentielle et à rien d'autre. Il a montré que l'économie devait être mise au service d'un projet de société, que ce projet de société pour être crédible devait s'appuyer sur des mesures précises et être bien formulé pour être capable de rassembler tous ces électeurs de gauche qui se sont réfugiés dans l'abstention ou qui se sont éloignés ces dernières années du parti socialiste".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Henri Weber, fabiusien : "on a affaire à des socialistes responsables qui ont une grande habitude du débat, ils ont montré que sur des sujets qui préoccupent les Français ils savaient échanger. Laurent Fabius a été le plus précis dans ses propositions et le plus ferme. Il a fait une prestation à mon sens de président de la République. On a appris beaucoup de choses sur le Poitou-Charentes".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Gilles Savary, porte-parole de Ségolène Royal : "La démocratie française a passé un cap, pour la première fois on a des primaires publiques, organisées de façon très digne. Au-delà, on a constaté un changement de génération politique à gauche. On a vu une figure prodigue, Laurent Fabius, distribuant beaucoup de promesses magistrales, une figure technicienne rigoureuse, Dominique Strauss-Kahn, et une vision d'avenir pour la France nourrie des choses de la vie, sans concessions, un nouveau souffle".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Jean-Louis Bianco, porte-parole de Ségolène Royal : "J'ai trouvé le débat de très bon niveau, de bonne tenue, et faisant honneur à nos trois dirigeants. C'etait peut-être un peu long. On disait que Ségolène Royal serait en difficulté, qu'elle serait moins bonne, mais elle a été au moins aussi bonne que les autres, elle a la stature, elle est plus précise, plus concrète, elle a une vision du XXIe siècle".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Jean-Marie Le Guen, Strauss-Kahnien : "on a de quoi être fier de ce débat, c'est à l'honneur du parti socialiste.
Les Français qui, même s'ils ne partagent pas les idées du PS ont regardé ce débat, ont une certaine vision à la fois de l'action politique et du parti.
On a eu trois logiques : Laurent Fabius c'est un peu l'Etat qui agit, Ségolène Royal c'est beaucoup la France des territoires et Dominique Strauss-Kahn c'est plutôt la France de l'avenir, c'est lui qui a la plus grande ampleur de vue et de profondeur au niveau de la méthode".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

Michel Rocard, député européen : "le débat a été presque trop respectueux et ce formalisme est un peu lourd. Je crains qu'il n'ait d'ailleurs un peu lassé l'opinion, mais je craignais un débat encore plus morne. Mais c'était un bon débat, ils ont trois été très bons sur le plan du talent oratoire, mais Dominique Strauss-Kahn m'a semblé connaître mieux la matière dont il parle. Je l'ai trouvé plus convaincant que ses collègues. Ségolène Royal était plus extérieure au débat d'une certaine façon".
(Déclaration, mardi 17 octobre)

A droite

Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture : "L'erreur politique, en 2007, serait de laisser l'agriculture aux mains de ceux qui pratiquent la politique du pire".
"Le PS prépare hélas l'effondrement d'une grande puissance agricole, favorisant seulement l'émergence d'une ruralité diminuée, entièrement assistée d'un point de vue économique et social". Ségolène Royal "propose de contractualiser les aides au niveau des régions"."Son projet, c'est de mettre davantage à contribution les collectivités territoriales, et d'inventer de nouvelles réglementations des cultures", a-t-il affirmé.
"En bref, Mme Royal veut mettre un fonctionnaire territorial derrière chaque agriculteur! C'est tout le contraire du combat que nous menons, pour encourager une démarche d'entreprise et simplifier les procédures administratives".
(Déclaration, mercredi 18 octobre)

Patrick Devedjian, député UMP, proche de Nicolas Sarkozy a jugé le débat : "Long", "fastidieux", "artificiel", "aseptisé". "Je me demande s'ils n'avaient pas répété la vieille, tellement c'était lisse". "C'était aussi long et aussi fastidieux que la lecture d'une profession de foi, que personne ne lit".
"Il n'y a aucune surprise, Laurent Fabius s'est positionné très à gauche parce que c'est un vieux mitterrandien et qu'il pense que le parti se prend à gauche; Ségolène Royal est restée pragmatique et plutôt à droite, parce que jusqu'à maintenant cela lui a bien réussi dans les sondages et qu'il y a une évolution de l'électorat socialiste vers la droite".
(France Inter, mercredi 18 octobre)

Christian Estrosi, le ministre délégué à l'Aménagement du territoire : J'ai assisté à "un véritable scénario de film catastrophe". "Ce débat me fait penser à un véritable scénario de film catastrophe avec Laurent Fabius en contre-emploi puisqu'il se veut le défenseur non crédible des Français les plus modestes. Avec Dominique Strauss-Kahn en second rôle puisqu'il se pose comme le candidat de la social démocratie, ultra minoritaire au PS. Quant à Ségolène Royal, avec son programme creux et inaudible, elle nous ramène au temps du cinéma muet" (Communiqué, mercredi 18 octobre)

L'UMP, via ses portes-parole Valérie Pécresse et Luc Chatel : "Ces trois héritiers de la Mitterrandie et des années Jospin sont apparus plus que jamais enfermés dans les contraintes et les contradictions historiques et dogmatiques de la gauche française". "Après 100 minutes de monologues, on est toujours à la recherche de leurs idées de réforme", concluent-ils, notant que "le refus d'un vrai débat a certainement empêché une véritable confrontation d'idées et laisse finalement le spectateur sur sa faim".
(Communiqué, mardi 17 octobre)

Les organisations

Jean-Hervé Lorenzi, président du cercle des économistes : " Le débat entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn mardi soir a été ""sans grande surprise et sans (...) intérêt majeur" car "on est très loin de l'élection présidentielle, et donc chacun est très prudent". Sur le fait de soutenir la croissance par le pouvoir d'achat, une idée que les trois prétendants ont défendue, "je ne crois pas qu'il y ait des économistes qui ne soient pas d'accord", a-t-il ajouté, estimant que "dire qu'il faut un peu plus de pouvoir d'achat" est "un peu une tautologie".
"L'augmentation du Smic, si elle n'était pas assortie de prise en charge d'une partie de cette augmentation par la collectivité, en réalité détruirait des emplois".
En revanche, sur le sujet des 35 heures, il s'est félicité du fait que Ségolène Royal ait "clairement attaqué un tabou", soulignant qu'"en réalité, contrairement à ce que les gens imaginent, elle l'attaque plutôt du côté de la gauche" en parlant de régression de la qualité de certains emplois. "Le simple fait de dire que ces 35 heures ne sont pas la solution miracle à tous les sujets", c'est "quand même un pas en avant". Mais "on est dans la première étape de la présidentielle, et franchement sur la qualité du débat économique, on a encore quelques pas à franchir".
(Déclaration, BFM, mercredi 18 octobre)

Bernard Van Craeynest, le président de la CFE-CGC : "Elle (Ségolène Royal, ndlr) a bien posé certains problèmes sociaux. Quand elle expliqué qu'il faut réconcilier le monde de l'entreprise, les salariés et les Français en général, quand elle prône un syndicalisme de masse, le développement du dialogue social (...), tout ça me paraît crédible". Laurent Fabius n'est "pas crédible sur la généralisation des 35 heures, sur la hausse du Smic, sur le délocalisateur payeur...". Je suis "en désaccord" avec Dominique Strauss-Kahn "quand il explique qu'il y a dix ans on ne connaissait pas les problèmes de vieillissement, la fin du pétrole". "C'est faux", "le livre blanc de Rocard avait listé ces problèmes dès 1991. La gauche ne s'y est pas attaquée quand elle le pouvait". Déclarations, mercredi 18 octobre

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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 11:06

 

Au PS, Jean-Marc Ayrault souhaite un seul tour

 
Pour Jean-Marc Ayrault, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius <I>« n'ont pas senti la profondeur de l'exigence du renouveau  ». </I>
Pour Jean-Marc Ayrault, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius « n'ont pas senti la profondeur de l'exigence du renouveau  ».
(Le Figaro / A.Aubert)
 
 

 
Pour Jean-Marc Ayrault, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius « n'ont pas senti la profondeur de l'exigence du renouveau  ».
(Le Figaro / A.Aubert).
 
SOUTENIR Ségolène Royal envers et contre tout. Invité hier du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a souhaité que la présidente de Poitou-Charentes, candidate pour 2007, soit « désignée dès le premier tour » lors du vote des militants socialiste pour l'investiture, face à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. « Donnons-lui toute la force qu'il faut pour gagner » en 2007, a-t-il déclaré.
 

« On ne cherche pas un technicien mais quelqu'un qui incarne le projet de la République française », a-t-il expliqué. Pour lui, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius « n'ont pas senti la profondeur de l'exigence de renouveau ».

 

Alors que la candidature de Ségolène Royal suscite parfois des critiques au sein du PS, le député maire de Nantes s'est employé à la défendre en reprenant ses positions. Les 35 heures, qu'elle a critiquées ? « Nous avons peut-être imposé un modèle unique. Admettons-le. » L'entrée de la Turquie en Europe, sur laquelle Royal ne répond ni par oui ni par non ? Pourquoi devrait-on « répondre par oui ou par non » ?

 

Mais lorsqu'il s'agit de défendre la dernière proposition de Royal, qui veut des jurys populaires pour surveiller les élus, Ayrault est plus hésitant. Cette proposition s'inscrit, selon lui, dans la ligne des « comptes rendus de mandat » que peuvent pratiquer les élus. « Il est important que les gens ne décrochent pas, qu'ils n'aient pas le sentiment d'être abandonnés ». Quant à l'idée d'éventuelle sanction, « cela paraît invraisemblable ». Pour lui, Ségolène Royal « part des problèmes » et crée parfois des « polémiques avec les mots qu'elle a employés ».

 

« Plan de carrière »

 

Même embarras quand on lui demande de commenter l'idée de Ségolène Royal, formulée dans The Times, d'« effrayer les capitalistes ». Il commence par une « boutade » : « C'est peut-être une mauvaise traduction », dit-il. Puis il convient que la formule est peu « peut-être lapidaire et pas heureuse ». Sur le fond, il considère que le capitalisme financier a évolué et qu'il n'a plus l'investissement pour finalité.

 

Jean-Marc Ayrault a aussi fait cet aveu : il lui « arrive de découvrir » les propositions de Ségolène Royal comme n'importe quel citoyen.

 

L'année prochaine, le député maire de Nantes espère prendre du galon. Son nom circule comme premier ministre possible de Ségolène Royal, si elle était élue présidente de la République. Pour décrocher Matignon, Jean-Marc Ayrault possède plusieurs atouts : président du groupe à l'Assemblée depuis dix ans, il connaît bien les élus socialistes, ce qui n'est pas le cas de Ségolène Royal. Méconnu de l'opinion, il pourrait lui aussi incarner une forme de renouveau.

 

« Je ne me suis jamais défilé face aux responsabilités, je sais pratiquer l'écoute, je sais aussi décider », a-t-il expliqué tout en refusant tout « plan de carrière ».

 

Mais parmi les partisans de Ségolène Royal, certains rêvent plutôt d'un ticket avec Dominique Strauss-Kahn.

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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 11:55

 

Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy de "déni de démocratie"

 
 
 

Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a accusé dimanche Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et très probable candidat UMP pour 2007, de pratiquer le "déni de démocratie".

"Quand on entend un responsable politique aujourd'hui au pouvoir annoncer ses intentions s'il est élu, c'est invraisemblable", a dit la favorite des sondages à gauche dans le cadre des débats de la "Cité de la Réussite", à la Sorbonne à Paris.

"Le pouvoir j'en ferai quelque chose, je ne trouverai pas je ne sais quelle échappatoire une fois élue pour dire +si je suis élue dans le futur, vous verrez ce que vous verrez+", a dit Mme Royal.

"Quand on est aux responsabilités que l'on dit +vous verrez dans 6 ou 7 mois ça va être formidable si je suis aux responsabilités, c'est un déni de démocratie", a ajouté Mme Royal sans jamais citer le nom du ministre de l'Intérieur.

Interrogée sur la justice, Mme Royal a jugé que "le gouvernement actuel et notamment son numéro 2 pensent qu'il faut mettre en cause la responsabilité de la justice. On est là aussi dans un cas de rupture du lien démocratique".

Selon elle, "la justice doit être respectée et l'indépendance de l'autorité judiciaire a un sens" mais "elle a été malmenée".

Evoquant la sécurité dans les banlieues, Mme Royal a condamné "le recul des actions de prévention" et jugé "inadmissible le recul de la police de proximité".

"Ensuite, on a un discours sécuritaire qui n'a pas de sens puisque la sécurité elle-même a reculé dans ses moyens les plus efficaces", a-t-elle affirmé.

Après les émeutes 2005, "il ne s'est rien passé dans les cités et donc on va recommencer", a-t-elle craint.

"Trouver des explications faciles ou démagogiques au désordre des choses et aux insécurités en pointant du doigt les autorités judiciaires, c'est basculer dans une certaine forme de populisme", a-t-elle conclu en référence aux accusations de M. Sarkozy contre "la démission" du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Par ailleurs, Ségolène Royal s'est déclarée "favorable à la réforme du statut pénal du chef de l'Etat".

"Je suis pour la réforme du statut pénal du chef de l'Etat", a-t-elle dit devant le public réuni dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.

"La responsabilité pénale joue lorsque les élus enfreignent la loi. Elle est appliquée", a-t-elle ajouté. Mais "il faudrait aller jusqu'au bout" car "lorsqu'il y a des amnisties d'hommes politiques proches du pouvoir, je pense que c'est une rupture du pacte social", a-t-elle estimé.

"Comment voulez-vous que les jeunes dans les cités reçoivent le discours sur la responsabilité pénale si, parmi les puissants, il y a une forme d'impunité et de copinage pour passer l'éponge ?", a-t-elle demandé, très applaudie par le public, en faisant allusion à l'amnistie de l'ancien ministre Guy Drut par le président de la République en mai.

Jacques Chirac avait déclenché une polémique dans la classe politique en décidant "de prendre une mesure d'amnistie individuelle" en faveur de l'ancien champion olympique Guy Drut, condamné en octobre 2005 à 15 mois de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics de la région Ile-de-France,

Concernant le statut pénal du chef de l'Etat, Jacques Chirac a souhaité, début octobre, que le projet de loi examiné en conseil des ministres en juillet 2003, soit "rapidement soumis à la commission des Lois de l'Assemblée nationale".

Dominique de Villepin a pour sa part souhaité que la réforme soit adoptée avant la fin de la législature. Mais aucun calendrier précis n'a encore été annoncé.

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