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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 11:08

Elysée 2007

Echanges musclés au PS Anne-Laure Pham, avec Reuters

Nets désaccords, ton parfois vif: Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ont confronté mardi soir leurs conceptions de l'exercice du pouvoir et de la société, lors d'un deuxième débat télévisé de deux heures

 

près un premier round courtois la semaine dernière, les échanges entre présidentiables socialistes sur les questions de société se sont tendus lors de leur deuxième débat télévisé mardi. Dès les premières minutes, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn se sont opposés frontalement à plusieurs mesures prônées par Ségolène Royal qui n'a rien lâché, défendant toujours bec et ongles ses propositions d'assouplir la carte scolaire ou de créer des "jurys de citoyens".

La présidente de Poitou-Charentes semble en revanche avoir adouci sa proposition d'encadrer militairement les primo-délinquants, en évoquant des "camps humanitaires dans un pays pauvre encadrés par l'armée" ainsi que le "développement de toutes les alternatives à la prison" pour les jeunes. "Je fais de la politique en regardant ce que je ferai pour mes propres enfants (...) Ce choix là je veux le faire pour les jeunes de mon pays parce que si j'y étais confrontée, je ferais ce choix", a expliqué la compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants.

Tous trois se sont ensuite retrouvés sur des sujets plus consensuels, le passage vers une République parlementaire, les questions de laïcité - "joyau du joyau du joyau", selon Laurent Fabius -, les investissements massifs dans l'éducation ou la critique de la politique du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qualifié de "pompier pyromane". Ni "immigration choisie", ni "discrimination positive", ont-ils fait valoir, dénonçant également la proposition "démagogique" du président de l'UMP de faire passer en cour d'assises les agresseurs de policiers.

Un "ministère des migrations"
Interrogés sur l'immigration, les trois présidentiables ont exposé leurs divergences, cette fois dans le calme. Laurent Fabius a estimé qu'il fallait une "régularisation large mais pas aveugle" et s'est opposé à toute gestion "régionale" de ces questions. Il faut une "politique nationale qui doit être ferme", a-t-il souligné. Pour Ségolène Royal, qui veut donner dans ce domaine plus de pouvoirs aux "territoires", promettre des régularisations massives, c'est "se donner bonne conscience". "On ajoute de la misère à la misère", a déclaré l'élue picto-charentaise.

"Le vrai problème, c'est l'intégration", a fait valoir de son côté Dominique Strauss-Kahn, qui entend "régulariser régulièrement pour qu'il n'y ait pas de soubresauts nationaux". L'élu de Sarcelles a également proposé de créer un "ministère des migrations", touristes compris, afin de retirer les questions d'immigration au ministère de l'Intérieur.
L'ancien ministre de l'Economie a distillé des mesures concrètes tout au long du débat, qui a duré près de deux heures alors que les producteurs souhaitaient le limiter à 90 minutes.

Pour les étudiants en difficulté financière dès le début de leurs études, il a prôné la création d'un "patrimoine départ". Il a également souhaité concentrer "toutes les aides sur les familles les plus défavorisées". "Il faut sortir de l'hypocrisie : on donne la même chose, les allocations familiales par exemple, à un enfant quel que soit le revenu de ses parents, ce n'est pas raisonnable", a-t-il estimé.

"L'ordre juste"
Les trois postulants ont également validé l'idée du mariage et de l'adoption par des couples de même sexe - une mesure figurant dans le projet présidentiel du PS - même si Ségolène Royal ne l'a approuvé que d'un petit "oui" après un exposé des valeurs "fondamentales" de la famille.

Les règles imposées pour ce "débat" ne permettaient pas aux candidats de s'interpeller directement. Mais tous ont haussé la voix et joué les lignes, utilisant au mieux leurs prises de parole pour affiner leur profil présidentiel, au grand dam des journalistes chargés de faire respecter les temps de parole. "Il n'y a pas d'un côté ceux qui sont pour telle ou telle proposition extrêmement discutable et les autres qui ne connaissent rien à rien, qui vivent en dehors du monde", s'est insurgé Laurent Fabius.

"Je ne crois pas que vouloir rétablir l'ordre, même juste, c'est suffisant", a attaqué Dominique Strauss-Kahn, critiquant "l'ordre juste", slogan de campagne de Ségolène Royal. L'ordre "est immobile (et) ne peut pas à soi seul être un projet politique. La gauche doit être porteuse d'autre chose. (...) La gauche c'est protéger et avancer", a-t-il martelé.
"L'ordre juste n'est pas immobile. Il est revendiqué par ceux qui subissent le désordre", a riposté Ségolène Royal, retrouvant le ton très à gauche qu'elle avait utilisé devant les militants socialistes de Clermont-Ferrand la semaine dernière.

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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 11:13

 

Les réactions

Les réactions suite au deuxième débat entre les trois candidats à l'investiture socialiste mardi 24 octobre.

Gilles Savary, porte-parole de Ségolène Royal : Le deuxième débat est resté de "très bonne tenue" et la députée des Deux-Sèvres a "mené la danse avec ses thématiques nouvelles". Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont "décidé de passer à l'offensive". "Jusqu'à présent, ils la traitaient par le mépris." Malgré la "radicalisation" des attaques de ses deux concurrents, Ségolène Royal "a montré une certaine endurance et un vrai tempérament", "elle a tenu le débat avec beaucoup de qualité". "C'est elle qui mène la danse avec ses thématiques nouvelles."
Au contraire, "Laurent Fabius se réfugie dans une posture d'opposition frontale" et "aucune des propositions de Ségolène Royal ne trouve grâce à ses yeux", selon lui. Interrogé sur l'accusation de "populisme" faite par M. Fabius, il a répondu: "c'est une accusation particulièrement injuste parce que je crois que c'est l'inverse". (Déclarations, mardi 24 octobre)

François Rebsamen, numéro 2 du PS, partisan de Ségolène Royal : "Il n'y a pas de souci à se faire pour demain". "Elle est capable de débattre avec Nicolas Sarkozy et de gagner un tel débat".
Il s'est félicité de "la capacité de Ségolène Royal à imposer ses thèmes". "C'est autour de ses thèmes que le débat s'est fait. Si quelques socialistes avaient des inquiétudes sur sa capacité à résister à la pression de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ils n'en ont plus".Il a déploré les propos "violents" de Laurent Fabius sur les jurys citoyens proposés par la députée des Deux-Sèvres et appelé les deux compétiteurs de Mme Royal à "un peu plus de modération". François Rebsamen a indiqué ne pas croire à "une alliance possible entre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius". Selon lui, "il y a plus de points de rapprochement idéologiques" entre DSK et Ségolène Royal. (Canal+, mercredi 25 octobre)

Jean-Christophe Cambadélis, député strauss-kahnien : "Comme on dit au football, les trois ont hissé leur niveau de jeu.Pour autant, Ségolène Royal était sur la défensive, Laurent Fabius offensif mais hors jeu, et Dominique Strauss-Kahn constructif: il a réussi à donner un sens à la refondation républicaine qu'il préconise." (Déclarations, mardi 24 octobre)

Claude Bartolone, directeur de campagne de Laurent Fabius pour l'investiture PS à la présidentielle : "Cela commence à être un vrai débat.


On a vu une candidate qui a été obligée à plusieurs reprises de subir un oral de rattrapage, revenant sur un certain nombre d'idées pour corriger sa copie: elle parle maintenant de camps humanitaires au lieu d'encadrement militaire pour les jeunes primo-délinquants, et, à l'entendre, les 'jurys citoyens' ne seraient rien d'autre que la démocratie participative telle qu'elle fonctionne jusqu'à présent".
Selon lui, "des trois compétiteurs, celui qui a donné le "la" dans le débat, c'est Laurent Fabius".
"Il a été le premier à parler de la laïcité, des services publics et à rendre hommage aux enseignants, ramenant le débat sur la priorité sociale qui doit être celle de la gauche et obligeant les autres candidats à reprendre ses thèmes". (Déclarations, mardi 24 octobre)

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste : "C'était un débat de qualité qui faisait honneur aux socialistes, et qui, en même temps, faisait apparaître des différences qui justifient des choix", même "si le socle demeure le projet socialiste".
"On ne pourra pas dire que les socialistes, quand ils prendront leur décision les 16, et peut-être 23 novembre, n'auront pas été éclairés". "Toutes les conditions, et le parti y a veillé, d'un choix clair et respectueux auront été remplis". "Ceux qui ont voulu interpeller l'ont fait et ceux qui ont été interpellés ont répondu". La question des jurys populaires "n'est pas le sujet majeur de l'élection présidentielle". (Déclarations, mardi 24 octobre)


Jean-Louis Bianco, un des trois porte-parole de Ségolène Royal : "Il n'y a pas photo". "Elle a dominé ce débat de bout en bout". "Le débat s'est déroulé sur ses thèmes, sur ses propositions. Les deux autres étaient sur la défensive, l'un se sentant obligé de répéter toutes les cinq minutes qu'il est concret et l'autre qu'il est élu de Sarcelles". La présidente de Poitou-Charentes "a manifesté une force extraordinaire, en particulier dans la conclusion, où elle portait quelque chose, alors que les autres récitaient un discours préparé à l'avance". (Déclarations, mardi 24 octobre)

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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 13:35

 

Bravo Ségolène pour toutes ces idées novatrices !

 

Voila ce que le peuple attend des politiques, et non qu’on leur demande seulement leur avis au moment des scrutins.

 

Justement, ces jurys populaires ne seraient-ils pas la meilleure façon, par les remarques qu’ils pourraient faire, que NOUS parti socialiste, nous ne nous retrouvions pas  dans l’opposition après un mandat dans la majorité parce qu’on se serait caché derrière nos idéaux, sans être à l’écoute du peuple ?

 

Une chose que Gérard Carrérou a dit, et je crois qu il a raison, sur la passerelle quil existe entre Fabius et DSK. Celle-ci ne serait-elle pas plutôt le pont de l’Ile de Ré ?

 

On sent vraiment un front anti-Ségolène !!

 

 

Fabrice CENNINI

 

     

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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 16:59

 

 

Le dialogue avec le peuple» selon Royal

 
 
Ségolène Royal défend ses positions. Sur son terrain, celui de la «démocratie participative», thème du débat d'hier matin (1), la candidate à la candidature socialiste a cultivé, sous les fresques du grand amphi de la Sorbonne et le regard de Descartes, son discours et sa méthode quant à la conquête et l'exercice du pouvoir. «Le projet présidentiel se noue en dialogue avec le peuple pendant la campagne électorale», a expliqué la députée des Deux-Sèvres, qui entend «faire émerger la certitude que la parole sera tenue. C'est comme cela que je conçois ma candidature». De l'art de cultiver sa différence en jouant la carte d'un rapport nouveau entre le politique et le citoyen...
 
«On m'a traité de populiste. (...) Mais les gens veulent savoir au nom de quoi nous décidons», a persisté Ségolène Royal. S'offrant l'inévitable détour par le Poitou-Charentes, la présidente de région, qui y a inauguré le «budget participatif», s'est dite «favorable, pour toute collectivité publique, à ce qu'une partie du budget soit mise au vote». La députée s'est prononcée pour l' «interdiction du cumul des mandats» et «la limitation du nombre de mandats dans le temps»; «deux», a-t-elle précisé. Elle en a profité pour riposter aux critiques essuyées après sa position sur l'adhésion de la Turquie : «La moindre des choses, c'est de dire à l'avance que tout chef d'Etat respectera le choix du peuple français», a-t-elle estimé. «Je n'ai pas peur du peuple, je le respecte...» 
Le sentiment de dépossession des électeurs par les élites politiques est un thème en vogue, et l'élue des études d'opinion surfe sur la vague. Et de citer ce «sondage récent», selon lequel 60 % des Français jugent leurs politiques corrompues. «Il faudra préciser la façon dont les élus, à intervalles réguliers, seront obligés de rendre des comptes», a-t-elle martelé, préconisant «des jurés de citoyens qui évaluent les politiques publiques et la façon dont les élus remplissent leur mandat». Une sorte de tribunal de l'action publique, donc, devant lequel Nicolas Sarkozy est déféré sans tarder. «Trouver des explications faciles et démagogiques en pointant du doigt l'autorité judiciaire, c'est basculer dans une forme de populisme», a-t-elle attaqué. «Entendre un responsable annoncer des intentions "je vais faire ceci et cela", c'est invraisemblable.» Ségolène Royal l'assure : «Le pouvoir, j'en ferai quelque chose. Je ne me trouverai aucune échappatoire pour dire : dans le futur, vous verrez.» Et de conclure: «Le temps des femmes est venu.» Pas comme son concurrent Dominique Strauss-Kahn qui a annulé sa participation, selon un organisateur, «pour raisons personnelles et inopinées». 
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 08:40

 

Entre deux débats, les candidats socialistes ne laissent pas retomber la pression

Après leur prestation télévisée, les trois candidats ont rendez-vous ce soir devant les militants parisiens.

 
À les écouter, ils l'ont tous emporté. Après leur deuxième débat télévisé, mardi soir, qui s'est polarisé sur les propositions de Ségolène Royal, notamment les « jurys de citoyens », l'« assouplissement de la carte scolaire » ou encore l'« encadrement militaire des primodélinquants », les trois candidats à l'investiture ont joué hier au traditionnel concours de commentaire.
 
À la veille du deuxième débat devant des militants, ce soir à Paris, il faut rester mobilisé. « Il n'y a pas photo, Ségolène Royal a dominé le débat », a affirmé Jean-Louis Bianco un peu avant que François Rebsamen n'assure que la favorite avait démontré ainsi sa capacité « à débattre avec Nicolas Sarkozy ».
 
Cambadélis : « Sur la défensive »
 
Au contraire, Jean-Christophe Cambadélis l'a trouvée « sur la défensive » alors que son candidat, Dominique Strauss-Kahn, était « constructif ». « Laurent Fabius sort renforcé du débat », ont asséné ses partisans.
 
Entre les uns et les autres, les relations ne se détendent pas. Porte-parole de Ségolène Royal, Arnaud Montebourg raille dans L'Express « l'expérience et la compétence » de Fabius et DSK, qui sont selon lui des « handicaps » : « Elles nous ont conduits à la catastrophe du 21 avril. » Sur RTL, le sénateur Jean-Luc Mélenchon, partisan de Fabius, a dénoncé le « paternalisme social » de Royal.
 
Ce soir, le show entre les candidats se déroulera, à l'abri des caméras, au Zénith à Paris (environ 85 000 euros de location). Hier sur France Info, Laurent Fabius a ironisé sur ce demi-huis clos : « Il serait singulier que les Conseils des ministres soient ouverts à toute la population et que les débats du PS soient fermés aux caméras. » À mi-chemin de la campagne interne, Laurent Fabius voudrait incarner la fidélité au projet socialiste contre les « propositions latérales, marginales, contradictoires ». Royal est visée. Fabius a aussi conseillé aux militants d'« éviter le bourrage de crâne ».
 
Pensant que sa ligne sociale-démocrate peut convaincre, DSK observe les sondages frémir en sa faveur (lire ci-dessus). Selon une enquête Ipsos pour Le Point, l'ancien ministre progresse de quatre points auprès des sympathisants socialistes (28 %) tandis que Ségolène Royal en perd deux (à 61 %). Malgré la véhémence des attaques contre la présidente de Poitou-Charentes, DSK a assuré hier soir, sur France 2, que « celui ou celle qui l'emportera aura tous les socialistes derrière pour faire campagne ». Et d'ajouter : « Si elle l'emporte - et je ne crois pas que cela va se passer comme ça -, je ferai ce qu'elle me demande dans la campagne. » Toujours favorite, Ségolène Royal n'a aucune raison de se plaindre. Elle continue d'enregistrer des ralliements. L'un des derniers en date, au nom de l'« efficacité », est celui du député Germinal Peiro, proche d'Henri Emmanuelli : « J'ai mesuré à quel point les Français expriment un désir de changement. »
 
Sur son site Internet, Royal a publié hier des synthèses de ses prises de position. Avec quelques oublis parfois. Le dossier consacré à l'Europe ne reprend pas sa déclaration sur l'entrée de la Turquie en Europe : « Ma position sera celle du peuple français. » Pas un mot non plus sur les « jurys de citoyens » dans le chapitre consacré à la révolution démocratique. Pendant ce temps, les partisans de Lionel Jospin rongent leur frein. Mardi, l'ex-candidat potentiel les a invités à réserver leurs critiques pour le lendemain de la présidentielle. « Les ralliements d'aujourd'hui n'assurent pas l'adhésion de demain », a-t-il prévenu à destination de Ségolène Royal.
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