Elysée 2007
Echanges musclés au PS Anne-Laure Pham, avec Reuters
Nets désaccords, ton parfois vif: Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn ont confronté mardi soir leurs conceptions de l'exercice du pouvoir et de la société, lors d'un deuxième débat télévisé de deux heures
La présidente de Poitou-Charentes semble en revanche avoir adouci sa proposition d'encadrer militairement les primo-délinquants, en évoquant des "camps humanitaires dans un pays pauvre encadrés par l'armée" ainsi que le "développement de toutes les alternatives à la prison" pour les jeunes. "Je fais de la politique en regardant ce que je ferai pour mes propres enfants (...) Ce choix là je veux le faire pour les jeunes de mon pays parce que si j'y étais confrontée, je ferais ce choix", a expliqué la compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants. Tous trois se sont ensuite retrouvés sur des sujets plus consensuels, le passage vers une République parlementaire, les questions de laïcité - "joyau du joyau du joyau", selon Laurent Fabius -, les investissements massifs dans l'éducation ou la critique de la politique du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qualifié de "pompier pyromane". Ni "immigration choisie", ni "discrimination positive", ont-ils fait valoir, dénonçant également la proposition "démagogique" du président de l'UMP de faire passer en cour d'assises les agresseurs de policiers. Un "ministère des migrations" "Le vrai problème, c'est l'intégration", a fait valoir de son côté Dominique Strauss-Kahn, qui entend "régulariser régulièrement pour qu'il n'y ait pas de soubresauts nationaux". L'élu de Sarcelles a également proposé de créer un "ministère des migrations", touristes compris, afin de retirer les questions d'immigration au ministère de l'Intérieur. Pour les étudiants en difficulté financière dès le début de leurs études, il a prôné la création d'un "patrimoine départ". Il a également souhaité concentrer "toutes les aides sur les familles les plus défavorisées". "Il faut sortir de l'hypocrisie : on donne la même chose, les allocations familiales par exemple, à un enfant quel que soit le revenu de ses parents, ce n'est pas raisonnable", a-t-il estimé. "L'ordre juste" Les règles imposées pour ce "débat" ne permettaient pas aux candidats de s'interpeller directement. Mais tous ont haussé la voix et joué les lignes, utilisant au mieux leurs prises de parole pour affiner leur profil présidentiel, au grand dam des journalistes chargés de faire respecter les temps de parole. "Il n'y a pas d'un côté ceux qui sont pour telle ou telle proposition extrêmement discutable et les autres qui ne connaissent rien à rien, qui vivent en dehors du monde", s'est insurgé Laurent Fabius. "Je ne crois pas que vouloir rétablir l'ordre, même juste, c'est suffisant", a attaqué Dominique Strauss-Kahn, critiquant "l'ordre juste", slogan de campagne de Ségolène Royal. L'ordre "est immobile (et) ne peut pas à soi seul être un projet politique. La gauche doit être porteuse d'autre chose. (...) La gauche c'est protéger et avancer", a-t-il martelé.
près un premier round courtois la semaine dernière, les échanges entre présidentiables socialistes sur les questions de société se sont tendus lors de leur deuxième débat télévisé mardi. Dès les premières minutes, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn se sont opposés frontalement à plusieurs mesures prônées par Ségolène Royal qui n'a rien lâché, défendant toujours bec et ongles ses propositions d'assouplir la carte scolaire ou de créer des "jurys de citoyens".
Interrogés sur l'immigration, les trois présidentiables ont exposé leurs divergences, cette fois dans le calme. Laurent Fabius a estimé qu'il fallait une "régularisation large mais pas aveugle" et s'est opposé à toute gestion "régionale" de ces questions. Il faut une "politique nationale qui doit être ferme", a-t-il souligné. Pour Ségolène Royal, qui veut donner dans ce domaine plus de pouvoirs aux "territoires", promettre des régularisations massives, c'est "se donner bonne conscience". "On ajoute de la misère à la misère", a déclaré l'élue picto-charentaise.
L'ancien ministre de l'Economie a distillé des mesures concrètes tout au long du débat, qui a duré près de deux heures alors que les producteurs souhaitaient le limiter à 90 minutes.
Les trois postulants ont également validé l'idée du mariage et de l'adoption par des couples de même sexe - une mesure figurant dans le projet présidentiel du PS - même si Ségolène Royal ne l'a approuvé que d'un petit "oui" après un exposé des valeurs "fondamentales" de la famille.
"L'ordre juste n'est pas immobile. Il est revendiqué par ceux qui subissent le désordre", a riposté Ségolène Royal, retrouvant le ton très à gauche qu'elle avait utilisé devant les militants socialistes de Clermont-Ferrand la semaine dernière.
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